Maxime Bondu, ‘Architeuthis, a prophecy’

exposition personnelle
13 juin – 16 août 2014
Kunstunion, Zurich



Travaillant sur différents registres, l’installation ‘Architeuthis, a prophecy’ suggère plusieurs pistes narratives dont le héros serait le calmar géant, autrement nommé architeuthis. Etre mystérieux qui reste encore aujourd’hui largement méconnu, ce dernier hante depuis plusieurs siècle l’imaginaire. Du témoignage de marins à la littérature en passant par le cinéma et la recherche scientifique, il appartient au domaine des êtres fantastiques et monstrueux davantage qu’à celui de la biologie sous-marine. Malgré les récentes observations, la science semble impuissante à étudier ce mystère abyssal qui s’épaissit toujours un peu plus – la méconnaissance faisant au mieux place à une stupéfaction incrédule et/ou une certaine frustration.

Aux êtres de légende, on attribue souvent, par croyance ou par superstition, des pouvoirs, des desseins, un projet vis-à-vis des hommes et du monde. L’architeuthis est ainsi au cœur de ‘Kraken’ de China Miéville, un roman de fantasy publié en 2010, dans lequel il a un statut de divinité. Dans une atmosphère de fin du monde, des hommes s’unissent autour de cette croyance qui les lie et à cause de laquelle ils s’opposent.

Ce roman fait étrangement écho aux récentes avancées de la science dans ce domaine. En 2004, Tsunemi Kubodera et Kyoichi Mori (respectivement zoologiste et spécialiste des baleines) publient à la Royal Society ‘The First-ever observations of a live giant squid in the wild’, où ils rendent compte de l’observation par un robot contrôlé à distance d’un calmar géant dans son milieu naturel, à 900 mètres de profondeur. Un an après la parution du roman, en 2011, le professeur Kubodera parvient enfin à observer l’animal de ses yeux, pendant plusieurs minutes. La rencontre a lieu à 600 mètres de profondeur, au terme d’une longue et coûteuse expédition, et après une traque de plus de 400 heures ; près de l’île Chichi dans l’archipel d’Ogasawara à l’est du Japon, la bête apparaît amputée de ses deux longs tentacules et mesurerait d’après déduction entre 7 et 8 mètres de long.

Les images observées alors donnent corps à cet animal jusque là largement fantasmé, et l’inscrivent dans une réalité tangible. Elles rendent également visibles des espaces habituellement aveugles, les abysses sous-marines, qui coexistent avec le monde réel comme des couches impénétrables de subconscient.

Mettant en dialogue des éléments issus de plusieurs champs (notamment historique et littéraire) qui fonctionnent comme les indices d’une narration qu’il appelle spéculative, la pratique de Maxime Bondu crée une sorte de réalité augmentée. Basées sur des faits, ses œuvres se développent dans un potentiel fictionnel qui serait leur part cachée ou leur suite logique.

Ici, entre fiction et réalité, Maxime Bondu questionne la portée de l’événement scientifique et suggère qu’une nouvelle ère a peut-être été débuté par le dévoilement de la bête ; de même qu’il y a un avant et un après J-C, il y aurait un avant et un après l’apparition à Kubodera. Se déployant dans la vitrine mais aussi sur les murs et dans l’espace de travail, l’installation de l’artiste transforme les bureaux de Kunstunion en un espace à l’usage et aux buts indéterminés. Lieu consacré à la recherche scientifique, ou structure de promotion religieuse ? Jouant sur plusieurs tableaux, ‘Architeuthis, a prophecy’ porte un regard critique sur la manière dont ces champs parfois s’entremêlent et s’utilisent l’un l’autre.


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Maxime Bondu, ‘Architeuthis, a prophecy’

solo show
June 13 – August 16, 2014
Kunstunion, Zurich

Acting on different levels, the installation ‘Architeuthis, a prophecy’ suggests several narratives whose hero is the giant squid, also known as architeuthis. It is a mysterious being which is still largely unknown, and haunts imaginations since several centuries. From sailor’s testimonies to literature, from cinema to scientific research, it belongs to the kingdom of fantasies and monsters more than that of underwater biology. Despite recent observations, science seems powerless to study the abyssal mystery that thickens more and more – ignorance being transformed at best into incredulous amazement and / or frustration.

We often assume (by belief or superstition) that legendary beings might have special powers and intentions, as well as a project for humanity and the world. The architeuthis is thus at the centre of 'Kraken' by China Miéville, a fantasy novel published in 2010, in which it has a status of divinity. In an end of the world atmosphere, people are united around the belief that binds them and because of which they oppose.

This novel echoes the recent scientific discoveries in this field. In 2004, Tsunemi Kubodera and Kyoichi Mori (respectively zoologist and whale watcher) published in the Royal Society ‘The First-ever observations of a live giant squid in the wild’, where they relate the observation of a giant squid in its natural environment, 900 meters deep, by a remote controlled robot. In 2011, one year after the publication of the novel, professor Kubodera finally manages to observe the animal with his own eyes for several minutes. The encounter took place at 600 meters deep, after a long and costly expedition, and after a hunt for more than 400 hours; near Chichi Island in the Ogasawara archipelago, east of Japan, the beast appears shorn of its two long tentacles and would by deduction measure between 7 and 8 meters long.

Images then observed embody this animal which was before mostly a fantasy, and bring it into a tangible reality. They also make visible the usually blind spaces that are the underwater abysses, which coexist alongside the real world as impenetrable layers of the subconscious.

Maxime Bondu’s practice sets a dialogue between elements of different fields (including history and literature) that function as indices for a narrative he calls ‘speculative’, and thus creates what you could call an ‘augmented reality’. While based on facts, his works develop a potential of fiction that would be their hidden side, or their logic consequence.

Here, between fiction and reality, Maxime Bondu questions the impact of scientific event and suggests that a new era may have started with the unveiling of the beast; just as there is a before and after JC, there would be a before and after the apparition to Kubodera. Taking place in the window but also on the walls and in the working spaces, the installation of the artist transforms Kunstunion’s offices into a space whose uses and purposes are still undetermined. Is it a place devoted to scientific research, or a structure that promotes religion? Playing on multiple approaches, ‘Architeuthis, a prophecy’ takes a critical look at how these fields sometimes mix up and use one each other.


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