Charlotte Seidel, ‘I am so sorry to miss you’

*cellar window, ribordy contemporary, Genève
13 septembre au 26 octobre 2012

Intervenant souvent de manière légère sur le réel, les œuvres de Charlotte Seidel accentuent et pointent certains éléments qui retiennent son attention, et font affleurer un sentiment de réalité augmentée. Plutôt qu’à être identifiées comme des œuvres d’art, elles cherchent d’abord à influer sur la perception du spectateur, à interroger son regard et à stimuler son imaginaire.

L’artiste opère singulièrement dans les intervalles, qu’elle perçoit comme des éléments charnières, générateurs de sens, d’images, d’histoires : ainsi elle est sensible aux lieux vides ou lieux de passage (hall, chambre d’hôtel), aux moments d’attente, de désœuvrement, d’ennui ; ou, dans le langage, aux doubles sens, aux écarts. Le titre de l’exposition, qui se réfère dans un anglais mal employé à un rendez-vous raté, peut évoquer des histoires sentimentales de manque et d’absence.

Charlotte Seidel collectionne des images, photographies réalisées dans son environnement et lors de ses voyages, ou trouvées dans des magazines. Ainsi, elle a rassemblé plusieurs images de couples de danseurs, série sur laquelle elle a décidé de travailler pour l’exposition. Décomposée en petits morceaux, puis recomposée de manière variable, la scène d’origine laisse place à une composition abstraite, qui conserve parfois un mouvement, un fragment de geste, un motif caché à imaginer. Volonté de s’éloigner d’une certaine littérarité, cela souligne aussi combien notre rapport aux images est fragmenté et fonctionne par combinaison et associations – on peut penser à la manière dont se structurent les images dans le souvenir et dans le rêve.

Entre visible et invisible… Il s’agit pour l’artiste de brouiller les pistes, d’ajouter des couches de sens, et de suggérer des ouvertures. Dans d’autres œuvres, elle masque une partie de la photographie par retranchement d’une portion de la couche sensible. Souvent au centre de l’image, ces formes vides en cachent une grande partie, tout en soulignant certains aspects de la composition – éléments d’un intérieur, d’une architecture, d’un paysage… Mais davantage, en ôtant certaines particularités, Charlotte Seidel crée des blancs qui fonctionnent comme les zones laissées autrefois vierges sur les endroits encore inexplorés de la mappemonde – le manque d’informations suscite le travail de l’imaginaire et incite le spectateur à combler les vides avec ses propres histoires.


Charlotte Seidel, ‘I am so sorry to miss you’

It’s often in a subtle way that Charlotte Seidel’s works act on the reality – they accentuate and point elements that catch her attention, and create a feeling of extended reality. Rather than being identified as artworks, they first seek to influence the viewer's perception, questioning his/her gaze and stimulating his/her imagination
The artist is significantly interested in working in intervals, which she perceives as bridge elements, producers of meanings, images and stories: thus she likes empty or transition spaces (hall, hotel room), waiting moments, idleness, ennui; in the language she likes double meanings and discrepancies. The exhibition's title refers in misused English to a missed appointment and evokes sentimental stories of miss and absence.
Charlotte Seidel collects images, photographs taken in her environment and while travelling, or found in magazines. Thus, she gathered several images of dancers couples, series that she decided to work on for the exhibition. Split into small pieces, then assembled in variable ways, the original scene transforms into an abstract composition, which sometimes keeps from the former image a movement, a fragment of gesture, a hidden pattern to be imagined. More than moving away from the image’s literal meaning, this also underscores how our relationship to images is fragmented and operates by combinations and associations – just think how images process into memories and dreams.

Between visible and invisible… The artist seeks in a way to cloud the clues, adding layers of meaning and suggesting openings. In other works, she hides parts of the photograph by cutting off the sensitive layer. Often in the very centre of the image, these empty forms hide a large part of it, while emphasizing some aspects of the composition – elements of an interior, architecture, landscape. Furthermore, by removing some important features, Charlotte Seidel creates blanks that evoke the virgin areas in old maps, at the place of unexplored zones. Here and there, the lack of information raises the imagination and encourages the viewer to fulfil the gaps with his/her own stories.


www.charlotteseidel.de/

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