Gaël Grivet

*cellar window, ribordy contemporary, Genève
Exposition du 21 juin au 28 juillet 2012

Qu’elles aient pour déclencheur un fait historique, scientifique, d’actualité, ou qu’elles reprennent des objets du quotidien, les œuvres de Gaël Grivet tendent toujours à en pointer un aspect, à en révéler une particularité.
Afin de rester au plus près de cet objectif premier, sa manière d’aborder l’œuvre consiste à trouver la meilleure forme possible qui corresponde à l’idée de départ. Faisant intervenir différents médiums, ses installations composent ainsi un ensemble en apparence disparate, mais dont l’unité et la cohérence sont à chercher dans le processus de création.
Entre création et réception, entre artiste et spectateur, s’opère un double mouvement de concentration et d’expansion. Au début du processus, Gaël Grivet étend son sujet par des recherches, des associations, des parallèles ; la formalisation de l’œuvre correspond ensuite à une concentration de ce contenu dans un objet, le plus souvent très épuré, parfois cryptique. Alerté par l’étrangeté des formes – car il y a toujours une certaine incongruité, un certain décalage dans le travail de l’artiste –, guidé par des indices, le spectateur déplie l’œuvre en différents niveaux de sens.

En écho à l’espace exigu de *cellar window, Gaël Grivet présente plusieurs travaux qui induisent un sentiment d’étrangeté et d’intranquillité.
Dans la série en cours Safari, il s’intéresse aux cuirs de gainage – utilisés notamment sur les appareils photographiques, les reliures de livres ou les intérieurs automobiles – pour leur rapport au domestique, à l’ergonomie et au toucher. Scannés et agrandis une dizaine de fois, le rapport à la matière change complètement, et de tactile il devient visuel. Le regard se perd dans la texture comme dans un paysage ; les détails de la peau animale sont amplifiés, on en voit les irrégularités, parfois les pores – image dérangeante, intime, presque monstrueuse… Comme si l’animal, que l’on avait domestiqué dans du pur usuel, soudain faisait retour.
Ce rapport au sauvage est médiatisé ici par une image trouvée, elle aussi agrandie dix fois, où un caméraman se détourne un instant de sa caméra pour s’approcher d’un guépard – c’est-à-dire laisse l’image maîtrisée, cadrée du sauvage pour entrer en interaction avec lui, et donc potentiellement se mettre en danger.
A côté de ces photographies, Mobile évoque la maîtrise du temps et une certaine retenue de la violence. Un disque de scie tourne très lentement au rythme d’une horloge dont auraient été enlevés tous les repères. Dans cette tranquille régularité du domestique subsiste la menace d’un dérèglement et d’une soudaine accélération qui serait synonyme de destruction.


Gaël Grivet

Based whether on historical, scientific or news facts, or using common objects, the works by Gaël Grivet always tend to point one of its aspects, to reveal a special feature.
In order to be as close as possible of this primary purpose, the artist looks for the best possible form that matches the original idea. Involving different mediums, his installations make up a disparate work at first glance, but whose unity and coherence are to be found in the creative process.
A double movement of concentration and expansion operates indeed between creation and reception, between artist and viewer. Early in the process, Gael Grivet extends his subject through research, associations, parallels; the work’s formalization then corresponds to a concentration of this content into an object, usually very minimal, sometimes even cryptic. The viewer is alerted by the strangeness of the forms – because there is always a certain incongruity, a discrepancy in the artist’s works –, he is also guided by indices, and so he unfolds the work in various levels of meaning.

Echoing to the confined space of *cellar window, Gaël Grivet presents several works that suggest a feeling of uncanny and disquiet.
His ongoing series Safari shows his interest in the cladding leather – which is used especially on cameras, book bindings or cars interiors – because of their relation to the domestic, ergonomics and touch. As leather pieces are scanned then ten times enlarged, the relation to material changes radically: instead of tactile, it becomes visual. The viewer’s eye can get lost in the texture as if it was a landscape; the details of the animal skin are amplified, you can see its irregularities, sometimes its pores – disturbing image, intimate, almost monstrous... As if the animal that had been domesticated for pure functional purpose, suddenly came back.
This relation to wildness is mediated here by a found image, also ten times enlarged, where a cameraman turns away from his camera for a moment to approach a cheetah – that is, leaves the controlled and defined image of wildness to interact with it, and thus potentially puts himself in danger.
Aside of these photographs, Mobile evokes the control of time, as well as a kind of violence restraint. A saw blade rotates very slowly to the rhythm of a clock, from which would have been removed every mark. In this quiet regularity of the everyday remains the threat of a disturbance and a sudden acceleration that would turn into destruction.

http://www.gaelgrivet.com/

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